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Prévention du cancer du sein : où en sommes-nous et où allons-nous ? (1)

Comment prévenir le cancer du sein, tel était le thème de la rencontre annuelle de l'Organisation European Cancer Prevention. Think-Pink a apporté son soutien à ce événement lors duquel des experts de renommée mondiale ont échangé leurs vues. Découvrez dans cette série d'articles ce qui s'est dit à cette occasion ! Nous commencerons par de plus amples informations sur le cancer du sein, avant d’aborder le screening et les mesures de prévention que nous pouvons mettre en œuvre nous-mêmes.

Chaque année, le cancer du sein est dépisté chez 500 000 personnes en Europe. 130 000 personnes par an décèdent des suites de la maladie. Celle-ci ne touche pas uniquement l'Europe, mais également le reste du monde. Selon le professeur Carlo La Vecchia, les différences observées par rapport à l’Asie ou l’Afrique, par exemple, sont en grande partie dues à une différence au niveau de l'enregistrement des cas. En témoigne, d'après lui, le nombre de décès considérable sur ces continents.

Heureusement, ce taux de mortalité baisse proportionnellement. Bien que nous vivions tous plus vieux – et que le cancer du sein touche souvent les femmes de plus de 50 ans –, le nombre de diagnostics du cancer du sein n'augmente plus en Europe. Pouvoir inverser cette tendance signifie qu'entre 1990 et 2020, nous sauverons quelque 500 000 vies, parmi lesquelles 30 000 au cours de la seule année 2020.

Importance et évolutions dans les programmes de screening

Le screening sauve des vies, explique la radiologue Odette Patho. Le dépistage précoce permet un meilleur pronostic et de meilleures chances de guérison, mais aussi des traitements moins radicaux. Elle est venue expliquer le programme de screening tel qu’il est mis en œuvre aux Pays-Bas. 79 % du public cible répondent à l'invitation du programme de dépistage auprès de la population néerlandaise. Ce programme permet aux radiologues de dépister chaque année 7 000 cancers du sein dans le pays. Découvrez ici à quoi ressemblera, selon elle, l'avenir des programmes de screening basés sur la tomosynthèse et l’IRM du sein.

La prévention à la maison, à l’extérieur et dans la cuisine

Prévenir le cancer du sein est peut-être plus important encore que dépister de manière précoce la maladie. Nous pouvons tous ensemble réduire le cancer du sein de 30 à 40 % en introduisant des changements relativement simples dans nos vies. « Il est important d'éviter le surpoids », explique le professeur Carlo La Vecchia. « Un IMC entre 20 et 25 réduit le risque de cancer du sein. Faire suffisamment d'exercice physique est également une mesure de prévention capitale, qui nous permet également de réduire le risque jusqu'à 30 %. Manger sainement est une autre clé de la prévention. Le secret ne réside pas dans 1 aliment déterminé, mais dans la combinaison de fruits, de légumes et de graisses d'origine végétale comme l’huile d'olive. Songeons, par exemple, au régime alimentaire méditerranéen. Citons encore l'alcool comme dernier facteur négatif. »

Le professeur La Vecchia ajoute aussi : « Nous avons peu d'influence sur d'autres mesures de prévention. L'âge auquel apparaissent les règles et celui auquel commence la ménopause varient d'un corps à l'autre. L'âge auquel les femmes ont des enfants est plutôt déterminé par la société et constitue donc une difficulté. »

« Si l’on regarde le nombre de cancers du sein que l'on peut attribuer aux facteurs de risque sur lesquels nous pouvons avoir une influence, il s'avère que l'alimentation joue un rôle dans 20 % de l'ensemble des cas. Dans 10 % des cas, c'est l'alcool qui est à incriminer. 10 % des cas sont liés au manque d'exercice physique et 11 % à notre IMC. Nous savons qu'en combinant ces facteurs, nous pouvons prévenir 40 % des cas grâce à ces mesures de prévention relativement simples. »