Chaque patient(e) mérite un accompagnement personnalisé, pas une approche standardisée
Sandrine Debroux
Think Pink réagit à une étude récente
Une récente étude internationale publiée dans JAMA Oncology, menée par l’UZ Leuven et la KU Leuven, met en lumière une problématique connue de longue date : trop de personnes atteintes d’un cancer du sein reçoivent des traitements lourds sans que leur réel bénéfice soit clairement établi. Cette recherche, conduite par 52 experts, montre que de nouveaux médicaments, souvent coûteux, sont fréquemment prescrits à de larges groupes de patient(e)s, alors qu’ils ne sont réellement efficaces que chez 5 à 10 % d’entre eux.
Pourquoi ? Parce qu’il manque encore trop souvent des informations fiables permettant de déterminer pour quelles patient(e)s un traitement sera efficace ou non. Les entreprises pharmaceutiques disposent pourtant de nombreuses données issues de leurs essais cliniques, qui pourraient aider à identifier ces indicateurs prédictifs, appelés biomarqueurs. Aujourd’hui, ces données restent toutefois insuffisamment partagées.
Think Pink soutient dès lors l’appel lancé par les chercheurs : l’objectif ne doit pas être de traiter davantage, mais de traiter plus justement. La clé réside dans le développement de meilleurs biomarqueurs. Cela n’est possible que si les entreprises pharmaceutiques acceptent de partager leurs données d’études cliniques et leurs échantillons tumoraux – dans le strict respect de la vie privée – avec des chercheurs indépendants.
Quelle que soit la réalité du secteur, la santé et le parcours des patient(e)s doivent rester au cœur des décisions. Think Pink plaide donc pour de nouveaux accords clairs, incluant le consentement explicite des patient(e)s pour la réutilisation de leurs données et un partage de la propriété des échantillons tumoraux.
Nous prenons acte de l’ouverture au dialogue exprimée par Pharma.be, l'Association générale de l'industrie du médicament. Think Pink souhaite poursuivre les échanges avec eux et avec l’ensemble des parties concernées, convaincue que la collaboration entre l’industrie, les chercheurs et les organisations de patient(e)s est indispensable. Le dialogue est une première étape, mais il doit déboucher sur des actions concrètes et des engagements transparents.
Ensemble, nous devons œuvrer vers un système où le bon traitement est proposé à la bonne personne, au bon moment. Cela permet d’éviter des effets secondaires inutiles, de limiter les coûts et, surtout, d’offrir des soins justes, respectueux et centrés sur chaque parcours.