Oh non, je perds mes cheveux

L’un des effets les plus spectaculaires et les plus redoutés de la chimiothérapie est la perte de vos cheveux. Vos cheveux, mais aussi vos sourcils ou vos poils aux aisselles peuvent tomber, vos bras et vos jambes peuvent soudainement devenir imberbes. Pour une femme, les cheveux font partie intégrante de son identité. Nous apprenons très jeune que les cheveux longs et ondulés sont un symbole de féminité. C’est donc aussi une perte de féminité que les femmes ressentent à la chute de leurs cheveux.

La chute des cheveux est aussi un signe très clair de votre cancer. Pour le monde extérieur, être chauve est souvent associé à la mort. Ce n’est pourtant pas la maladie qui cause la chute des cheveux, c’est tout simplement un effet secondaire de votre traitement. Cela n’a rien à voir non plus avec la réussite ou non de la thérapie.

Chimiothérapie

La chimiothérapie est un terme général qui désigne une des approches thérapeutiques du cancer avec ce qu’on appelle les cytostatiques. Les cytostatiques sont des médicaments qui détruisent ces cellules à reproduction rapide ou ralentissent leur prolifération. Les cellules cancéreuses ont cette propriété de se diviser très rapidement. Mais ils attaquent aussi les cellules saines, comme les cellules qui assurent la croissance de nos cheveux et causent donc la chute des cheveux après le traitement.

Certains médicaments rendent uniquement les cheveux plus fins ou plus ternes, ce qui n’est souvent pas remarqué par les autres. Mais dans d’autres cas, le résultat est la chute complète des cheveux. Plusieurs facteurs interviennent dans la chute totale ou partielle de vos cheveux. Tout dépend de la personne, du type de médicament, de la dose et de la durée du traitement. Mais la plupart des chimiothérapies utilisées pour le traitement du cancer du sein provoquent une calvitie passagère. Chez certaines femmes, la chute des cheveux est douloureuse au début. On parle de « mal aux cheveux ». Chez d’autres, la sensation se réduit à de légères démangeaisons. Là aussi, l’effet varie d’une personne à l’autre.

La chimiothérapie est toujours un cocktail de médicaments. Tous les cocktails ne provoquent pas de chutes sérieuses de cheveux. Votre docteur est le mieux placé pour vous dire si vous perdrez ou non vos cheveux.

Ce que vous devez retenir, c’est que la perte de vos cheveux est provisoire. Ils recommenceront à pousser vers la fin de votre chimiothérapie et certainement trois à quatre semaines après la dernière séance. Vos cheveux peuvent toutefois changer d’aspect en repoussant. Vous pouvez avoir des boucles alors que vous aviez les cheveux raides. Un changement de teinte est plus rare. L’effet peut être passager, mais ces changements sont parfois définitifs.

La repousse des cheveux après la chimiothérapie varie d’une personne à une autre. Certaines femmes trouvent leurs nouveaux cheveux plus épais et plus rêches, d’autres au contraire plus plats et plus fins. D’autres facteurs peuvent avoir une influence sur la texture de votre chevelure ; la prise d’une hormonothérapie par exemple.

La seule idée de perdre mes cheveux était douloureuse. J’avais soudain une bouffée d’émotion quand ma fille jouait à la coiffeuse, je me sentais d’avance laide et je ne pouvais plus marcher dans la rue sans me demander qui
autour de moi portait une perruque.
 

Alexandria, 37

Tous ceux qui ont subi une chimiothérapie savent qu’un crâne chauve se refroidit plus rapidement. Vous ne couvrez donc pas seulement votre tête pour cacher la chute de vos cheveux, mais aussi pour garder votre tête au chaud. C’est surtout important la nuit. Il existe des bonnets de nuit spéciaux, de préférence sans élastique ou des bords assouplis.

Refroidissement de la peau du crâne

Certaines Cliniques du Sein proposent aujourd’hui le refroidissement de la peau du crâne, avec un bonnet rafraîchissant à porter avant, pendant et après le traitement. Les racines des cheveux sont refroidies jusqu’environ 18 degrés, ce qui cause une vasoconstriction locale. Cela signifie que les vaisseaux sanguins de votre peau se contractent, réduisant le flux de sang, et aussi la concentration des médicaments au niveau des racines capillaires. La durée d’application du bonnet rafraîchissant dépend de la chimiothérapie que vous recevez. Vous mettez le bonnet environ 25 minutes avant la thérapie, durant toute la perfusion du traitement alopéciant, et vous le gardez une heure et demie à trois heures après, car les médicaments restent encore quelque temps dans votre système sanguin.

Inconvénients éventuels : de légers maux de tête, sensation de frilosité ou nausées. Le refroidissement du crâne avant et après le traitement vous oblige à passer quelques heures de plus à l’hôpital. Vous pouvez déjà juger de l’efficacité du refroidissement crânien quelques semaines après le premier cycle et vous pouvez l’arrêter à tout moment.

L’efficacité du système de refroidissement dépend fortement du type et de la dose de chimiothérapie … mais également de spécificités individuelles. « Pour certains types de chimiothérapie, les taux de réussite peuvent atteindre plus de 70 %. Pour les hôpitaux, il n’est pas évident de le proposer aux patients ; en raison du coût des machines, du temps supplémentaire induit par l’application avant et après la perfusion ces cytostatiques, et du personnel déjà fort sollicité. En effet, les calculs démontrent qu’ajouter le refroidissement du crâne au traitement prend trois quarts d’heure en plus par patient, alors que le temps est déjà compté. Le gouvernement n’intervient pas encore, ce que nous regrettons, vu qu’une perte de cheveux est un effet secondaire émotionnellement très lourd pour beaucoup de patientes.

Docteur Stéphanie Henry, oncologue au CHU UCL Namur site Ste Elisabeth

Des études pouvant mener à un éventuel remboursement manquent aujourd’hui. C’est pourquoi le Fonds SMART de Think Pink finance une recherche du CHU UCL Namur et de l’UZ Leuven, qui a pour but d’évaluer l’efficacité du refroidissement du crâne et de valider les indications.

Perruques

Les cheveux commencent à tomber en moyenne deux ou trois semaines après la première séance de chimiothérapie. Chez certaines patientes, la chute des cheveux est progressive. Chez d’autres, les cheveux peuvent tomber par grosses touffes. Il n’est pas nécessaire de vous raser d’emblée la tête, mais les femmes préfèrent généralement cette solution. Le passage à une tête chauve est pour elles moins brutal si elles se font couper les cheveux très courts, voire raser juste avant la chimiothérapie. C’est aussi plus pratique : vous ne perdez pas de longues mèches, mais des cheveux courts. Il est recommandé de vous raser au rasoir ou à la tondeuse électrique. Attention aux petites plaies en cas de maladresse. Il vaut peut- être mieux demander à une amie de vous aider ou aller chez le coiffeur.

N’attendez pas les premières chutes de cheveux pour trouver la coiffeuse qui vous convient le mieux. Choisissez une perruque avant même le commencement de votre chimiothérapie. Le coiffeur spécialisé pourra ainsi juger de votre coiffure originale, et adapter la couleur et le style de la perruque. La perruque devra peut-être être commandée et vous l’aurez ainsi quand vous en aurez besoin.

Le mot « prothèse capillaire » effraie encore beaucoup de femmes, qui pensent encore à des perruques ou postiches d’une autre époque, très visibles. La technique a tellement évolué qu’une perruque est aujourd’hui une solution confortable et satisfaisante et qui peut passer inaperçue. Il y a une infinité de coupes, de styles et de teintes différentes.

Fable

Une perruque, un bonnet ou un foulard n’empêche pas la chute des cheveux. C’est donc à vous de décider quand vous trouvez vos nouveaux cheveux assez longs pour vous découvrir la tête en public.

Les perruquiers ont généralement une pièce séparée où vous pouvez essayer discrètement et sans obligation des prothèses capillaires. Prenez donc le temps nécessaire et emmenez une personne de confiance pour vous faire conseiller. Une deuxième opinion peut être précieuse. Le prix d’une perruque dépend du type de cheveux et de la matière de  la doublure. Une perruque en cheveux naturels est plus chère qu’une perruque synthétique. Les prix des perruques synthétiques se situent entre 180 et 900 euros. Vous pouvez trouver des perruques en cheveux naturels à partir de 700 euros. Pour les perruques de qualité, les cheveux sont noués un par un. Dans une perruque de cheveux naturels, 6 à 8 semaines de travail manuel sont nécessaires, ce qui explique le prix plus élevé.

En Belgique, les patients qui perdent leurs cheveux suite à une chimiothérapie ou une radiothérapie ont droit à une intervention de leur caisse maladie dans l’achat d’une perruque : 180 euros pour l’alopécie passagère causée par la chimiothérapie ou les irradiations. Le Fonds Coupe d’Éclat de Think Pink vous verse 200 euros, si vos revenus nets sont inférieurs à 1 500 euros/mois en tant que célibataire et 2 000 euros/mois dans une situation familiale. Plus d’informations sur think-pink.be/coupedeclat.

Demandez une facture pour prothèse capillaire car ce n’est qu’avec cette mention que la caisse d’assurances maladies interviendra dans l’achat d’une perruque. Vous trouverez de belles perruques « prêt-à-porter » en divers modèles et teintes autant synthétiques, que naturelles. Inutile donc de vous faire faire une perruque sur mesure.

Découvrez des marchands de perruques dans votre quartier sur cancer.be ou en appelant la ligne Cancerinfo gratuite au 0800 15 802.

Foulards et bonnets

Vous n’êtes peut-être pas tentée par une perruque. Pas de problème, car en matière de jolis chapeaux, bonnets et foulards, vous n’aurez que l’embarras du choix. Évitez les foulards en soie ou polyester, des matières qui peuvent facilement glisser sur votre crâne nu. Pour l’éviter, portez quelque chose en-dessous, comme un bandeau en été et un bonnet fin en hiver ; avec l’avantage supplémentaire de donner du volume à votre tête.

Veillez à ce que votre couvre-chef n’ait pas de coutures qui pourraient irriter la peau. Il existe aussi des mèches de cheveux et des queues de cheval autoadhésives à porter sous un foulard pour créer l’illusion d’une coiffure.

L’avantage d’un foulard est que vous pouvez en changer en fonction de votre style, de votre tenue vestimentaire et lui donner une note de fantaisie. Il devient ainsi un accessoire de mode, une marque de votre style. Vous trouverez beaucoup de foulards dans les magasins dédiés.

Sur le site web de Think Pink, vous trouverez des astuces qui vous donneront un look branché et tendance quand, suite à une maladie ou pour d’autres raisons, vous perdez vos cheveux. Chez Veritas, par exemple, vous trouverez plein d’articles intéressants.

Headpainting

Par analogie avec le body painting, il existe aussi le Head painting. Le henné permet de créer de magnifiques décorations crâniennes. Vous pouvez puiser de l’inspiration sur le site Pinterest. Ce n’est peut-être pas une solution pour tous les jours, mais une bonne idée pour une petite fête entre amis ou juste pour vous-même. On trouve à l’étranger quelques petites compagnies spécialisées dans le Head painting. Vous aurez quoi qu’il en soit besoin d’aide !

Cils et sourcils

Vos cils et vos sourcils peuvent également tomber, autre signe visible de votre maladie. Vous pouvez dessiner vos sourcils avec divers produits de maquillage – poudres, ombres à paupières, crayons – mais il existe aussi des sets à dessiner les sourcils. Vous pouvez également opter pour des techniques de maquillage semi-permanentes, comme le microblading. Par des lignes extrêmement fines, qui reproduisent la forme des sourcils, du pigment est introduit ; ce qui crée un effet plus naturel que des sourcils complètement tatoués. Une autre technique est le powder brow, qui dessinera vos sourcils de manière subtile. Vous pouvez appliquer le maquillage semi-permanent avant de perdre vos sourcils. S’ils repoussent après, le make-up continuera à accentuer vos sourcils naturels.

Si vos sourcils ne repoussent pas, vous pouvez les faire tatouer par une esthéticienne spécialisée. Mais attendez de préférence d’être à distance de la fin du traitement car la chimiothérapie rend votre peau sensible et le risque d’infection n’est pas nul durant la chimiothérapie.

Les cils, eux, ne peuvent pas être dessinés. Les faux cils sont une option, mais il faut naturellement les appliquer et les enlever tous les jours. Si vous n’avez presque plus de cils, renoncez au mascara, qui accentue encore la perte de vos cils. Mais vous pouvez appliquer un trait de crayon au bord de la paupière supérieure qui donnera de la profondeur et de l’intensité à votre regard.

Le maquillage semi-permanent peut également être une solution pour vous.

Coupe d'éclat

Coupe d’Éclat est une action permanente lancée par Think Pink quand il s’est avéré que la perte de leurs cheveux était pour 60 % des femmes l’aspect le plus dur de leur maladie. C’est même pour environ 8 % des patientes du cancer une raison pour refuser la chimiothérapie, même si elles mettent ainsi leur vie en danger.

Désirez-vous soutenir le Fonds Coupe d’Éclat ? Glissez votre queue de cheval dans un sachet en plastique hermétique et introduisez- le dans l’enveloppe Coupe d’Éclat que vous pouvez commander sur think-pink.be/coupedeclat. Vous y trouverez également le mode opératoire pour vous ou votre coiffeur. Vous pouvez aussi vous adresser à l’un de nos coiffeurs Coupe d’Éclat, qui coupe gratuitement vos cheveux. Vous trouverez toutes les adresses sur le site de Coupe d’Éclat.

Nous mettons régulièrement une donneuse à l’honneur. Comme Léna, qui n’a que 9 ans et a récemment offert sa queue de cheval à Think Pink. Léna avait quatre ans et demi lorsqu’elle a eu un cancer de la thyroïde. « Perdre mes cheveux était ce qu’il y avait de pire pour moi », dit-elle dans un journal. « Je passais des nuits entières à pleurer. Lorsque je suis retournée à l’école, j’avais encore très peu de cheveux, et tout le monde disait que j’étais un garçon. » Lorsqu’elle a entendu parler d’une femme de sa rue qui avait coupé ses cheveux pour Think Pink, elle a voulu tout de suite faire la même chose. Elle s’est fait couper les cheveux courts. « Je suis super- contente d’avoir pu aider des gens qui ont vécu la même chose que moi. »