Non, pas mes seins !

Trop gros, trop petits, trop mous, d’une drôle de forme … Nous les femmes sommes rarement tendres avec notre propre poitrine. Mais d’une manière ou d’une autre, nos seins font partie intégrante de notre féminité. Le risque de les perdre est donc un événement dramatique. Un événement qui peut avoir un sérieux impact sur votre état émotionnel et le regard que vous portez sur vous-même. Les seins sont à la fois un aspect important et visible de votre corps.

L’opération est presque toujours la première étape du traitement contre le cancer du sein. Il est toujours recommandé de discuter avant l’opération avec le chirurgien de tous les aspects de l’intervention, y compris des prothèses et de la reconstruction. Les options sont multiples et le choix que vous faites peut avoir des conséquences pour l’opération. Personne ne vous rendra votre sein, mais une prothèse mammaire externe ou une reconstruction du sein peut vous rendre l’ablation plus acceptable. Elle vous évitera d’avoir mal au dos et de prendre une mauvaise posture. Si l’amputation est inévitable, le sujet de la prothèse ou de la reconstruction mammaire pourra être abordé avant l’intervention et pendant les consultations de contrôle. Le médecin ou l’infirmière spécialisée vous en parlera sans doute, mais n’hésitez pas à demander des informations si vous le jugez nécessaire. Vous aurez peut- être d’autres préoccupations à ce moment-là. Ce n’est pas un problème, prenez votre temps. La décision ne doit pas être prise dans l’urgence, il n’y a donc pas de raison de vous presser.

Vous aurez peut-être d’abord une réaction de rejet face à ces solutions, c’est compréhensible, cela reste quelque chose d’artificiel. Cependant, on a fait ces dernières années d’énormes progrès en matière de prothèses et de reconstruction mammaire et beaucoup de femmes y voient une solution acceptable. Vous pouvez bien entendu choisir de vivre votre vie sans prothèse ou ne pas passer par la chirurgie mammaire. La décision vous appartient pleinement.

Les prothèses mammaires externes

Un grand nombre de femmes atteintes d’un cancer du sein renoncent à la reconstruction mammaire. Elles en ont assez des hôpitaux, trouvent une reconstruction trop coûteuse ou veulent essayer d’accepter le nouvel état de leur corps. Elles disposent d’une large gamme de prothèses mammaires, dont certaines suivent parfaitement le mouvement du corps, d’autres ont une température constante, ou encore d’autres vous permettent de nager et de faire des sports nautiques. Elles ne vous empêcheront donc pas de mener une vie normale.

Fable

Il est courant de penser que les femmes aux poitrines volumineuses présentent plus de risques du cancer du sein. C’est faux, des études scientifiques sur le sujet montrent qu’elles ne sont pas plus exposées que les femmes aux petites poitrines.

Une prothèse externe est un petit sac de silicone en forme de goutte que vous portez dans votre soutien-gorge afin d’imiter votre poitrine naturelle. Il y en a de diverses tailles et formes. La prothèse peut se porter dans un soutien-gorge spécial ou peut être collée à la peau. Les prothèses mammaires autoadhésives tirent moins sur la bretelle de votre soutien-gorge et ont un aspect plus léger et plus naturel.

Vous pouvez porter une prothèse externe en attendant la chirurgie de reconstruction mammaire ou elle peut être une solution permanente. Son avantage majeur est naturellement qu’elle ne nécessite pas de nouvelle opération. Toutes les prothèses mammaires se portent de préférence avec un soutien-gorge adapté.

J’ai choisi de refuser la reconstruction mammaire. J’en avais assez des opérations. Il faut une opération pour prendre des tissus de mon dos et de mes jambes pour former un nouveau sein, et encore une opération pour adapter la taille de mon autre sein à la reconstruction. Je n’en veux pas. Je continue à mettre des vêtements à la mode et avec ma prothèse, on ne voit rien.

Florence, 51 ans
Juste après l'opération

À la fin de votre hospitalisation, le bandagiste vous fournira une prothèse post-opératoire temporaire, une petite housse légère remplie d’ouate en polyester que vous pouvez ajouter ou enlever. La prothèse ne pèse rien et est munie du côté du sein d’une housse en coton doux. Votre plaie peut ainsi cicatriser, vous avez un sentiment de sécurité et une solution élégante pour les six premières semaines après l’intervention chirurgicale.

La première prothèse

Une prothèse joue un rôle important dans votre aspect physique et ce sentiment d’être bien dans votre peau, mais contribue aussi à une bonne posture et au confort de votre dos. Surtout si vous avez une plus grosse poitrine. Une prothèse a le même poids que votre sein naturel et prévient les douleurs dans les épaules à long terme.

La première prothèse en silicone est plutôt, en termes de forme et d’aspect, ce qu’on en attend. Elle a un effet de pesanteur naturelle égal à celui d’un vrai sein et est pourvue d’un mamelon. Elle absorbe également la chaleur corporelle et donne l’impression de faire partie de votre corps. Autre propriété : elle s’enfonce lorsque vous êtes couchée sur le dos, si bien que personne ne remarquera que vous portez une prothèse.

La première prothèse est entièrement remboursée par la sécurité sociale. Il vous faudra toutefois une ordonnance de votre médecin traitant. La lingerie spéciale sera par contre à vos frais. Le bandagiste ou l’infirmière spécialisée vous remettra un dossier d’informations sur les possibilités de lingerie. Les choses ont bien évolué entre-temps aussi, vous serez surpris de voir que de la belle lingerie prothétique existe maintenant.

Essayer une prothèse est une épreuve émotionnelle qu’il ne faut pas sous-estimer. Demandez à quelqu’un de vous accompagner. Emportez aussi un t-shirt moulant (de préférence blanc ou de couleur claire unie), pour bien juger la forme. Sautez et bougez à votre aise. De cette façon, vous pouvez mieux évaluer le maintien de la prothèse et son confort.

Prothèse definitive

Un an après la première prothèse, vous pouvez en acheter une définitive, puis vous pouvez en redemander une tous les deux ans. Les prothèses définitives sont distribuées par les bandagistes et dans certains magasins de lingeries spécialisés. L’infirmière spécialisée peut vous fournir ces adresses.

Pour bénéficier du remboursement de votre prothèse, il vous faudra une ordonnance médicale et l’acheter auprès d’un bandagiste agréé. Il est recommandé de prendre rendez-vous à l’avance. Le bandagiste tiendra compte de votre habillement et fera appel à des collaborateurs spécialisés dans les prothèses mammaires. Le prix d’une prothèse standard vous sera toujours remboursé, soit environ 220 euros. Une prothèse plus chère vous coûtera un supplément. Les prothèses de natation ne sont pas remboursées.

L'entretien de la prothèse

L’entretien d’une prothèse est facile : celles qui ne collent pas à la peau se lavent tous les jours sous l’eau ou
avec un peu de savon.

  • Séchez soigneusement la prothèse avec une serviette éponge.
  • Ne placez jamais la prothèse à proximité d’une source de chaleur et n’utilisez pas de sèche-cheveux pour la sécher.
  • La bande adhésive d’une prothèse qui adhère au corps doit être remplacée régulièrement et la peau doit bien être nettoyée. Le vendeur vous conseillera sur les bons produits.
  • Attention aux objets pointus (broches, de chats, épines, épingles, etc.) qui pourraient performer la prothèse et l ’endommager irrémédiablement.
Avant et après, toujours le soutien-gorge adapté

Un bon soutien-gorge est indispensable. Il doit être adapté à votre stature et découpé assez haut pour pouvoir y dissimuler la prothèse. Vous pouvez aussi coudre dans votre soutien-gorge normal une fine doublure ou le petit sac dans lequel est vendue la prothèse. Cela évitera que la prothèse glisse quand vous bougez. Vous pouvez également aller dans un magasin de lingerie avec un bandagiste. Ils savent quel type de soutien-gorge est adapté à votre prothèse.

Si vous avez opté pour une prothèse autoadhésive, vous trouverez des modèles de soutien-gorge adaptés sans petit sac intérieur. En général, ces soutien-gorge ont des bretelles plus larges et plus douces pour supporter le poids de la prothèse. Ils ont aussi souvent des bords élastiques pour épouser entièrement la forme de votre poitrine.

Les magasins spécialisés disposent aujourd’hui d’une large gamme de pièces de lingerie à la mode, maillots de bains, bikinis et tankinis qui sont parfaitement adaptés aux prothèses mammaires. Et oui, vous pourrez continuer à porter des sous-vêtements affriolants dans des tissus fins. Ils vous procurent non seulement un confort optimal, mais vous aident également à mieux vous sentir suite aux changements de votre corps. Comme dans le cas de la lingerie classique, de nouveaux modèles sont mis tous les ans sur le marché. Certains hôpitaux organisent même des défilés de mode avec les derniers modèles.

La reconstruction mammaire

Beaucoup de femmes ne pensent qu’à une chose lorsque leur cancer du sein est diagnostiqué : « enlevez-moi vite cette horreur ». Elles sont prêtes à sacrifier un sein s’il le faut. L’ablation d’un sein est pourtant loin d’être un acte anodin pour une femme. Une mastectomie peut être perçue comme une mutilation. Le sentiment d’avoir perdu sa féminité persiste. Certaines femmes ont besoin de plus de temps pour dire adieu à leurs seins. Vous pouvez opter pour un rituel de séparation, comme prendre une photo de votre corps. Certaines femmes font même faire un moule en plâtre de leur sein.

Une reconstruction peut donc permettre de redonner à votre sein un aspect « normal » et de vous aider à retrouver votre confiance en vous. Elle est en principe possible pour toutes les femmes, quel que soit leur âge. Il est important de bien doser vos attentes après la reconstruction. Ne pensez pas que le nouveau sein aura l’aspect de l’ancien. Il sera aussi différent au toucher. Mais soyez patiente, le sein va encore changer de forme pendant les premières semaines après la reconstruction et va retrouver sa sensibilité.

Reconstruction immediate ou ultérieure?

Beaucoup de médecins préfèrent attendre la fin de la radiothérapie pour procéder à une reconstruction. Cela signifie donc une seconde opération, qui a lieu généralement six à dix-huit mois après l’amputation (partielle). Cela vous donne le temps de vous faire au diagnostic et aux traitements post-opératoires. Cela permet aussi aux tissus de cicatriser et de diminuer les risques de la reconstruction. De cette manière, le traitement post-maladie n’influence plus le résultat esthétique de la reconstruction. Vous pouvez aussi attendre plusieurs années avant de vous faire opérer à nouveau. Tout le monde n’est pas immédiatement prêt pour une nouvelle opération, suivez votre instinct et prenez le temps que vous souhaitez. La méthode utilisée dépend des personnes et des circonstances, comme l’état des tissus par exemple.

Dans les Cliniques du Sein, la reconstruction est également possible immédiatement si vous le souhaitez et que vous ne devez pas recevoir de traitement complémentaire (radiothérapie ou chimiothérapie). Dans ce cas, on procède à l’amputation et à la reconstruction lors de la même opération. Elle permet de conserver l’enveloppe cutanée du sein. Mais pour certaines femmes, un sein immédiatement reconstruit est plus difficile à accepter pendant les premiers mois. Cela peut sembler étrange de passer immédiatement de votre propre poitrine, à des courbes que vous voyez, mais pour lesquelles vous ne ressentez aucune sensation. Certains docteurs estiment qu’une femme qui a vécu un temps avec la mutilation d’un sein accepte plus facilement la reconstruction mammaire.

Le choix d’une reconstruction mammaire dépend beaucoup de l’âge de la patiente. La grosse majorité des jeunes femmes (80 %) optent pour la reconstruction après un an. Chez les patientes plus âgées (plus de 70 ans), la reconstruction est plus rare. Elles se contentent d’une prothèse mammaire.

Le docteur Antoine Lenne, chirurgien plastique au Grand Hôpital de Charleroi

La reconstruction de l’aréole a lieu un peu plus tard. De nos jours, elle se fait presque toujours par tatouage médical. Avec une aiguille ultrafine, on implante sous la peau un pigment non nocif. Le mamelon est reconstruit par un lambeau cutané. Si le résultat n’est pas satisfaisant, un tatouage peut également simuler l’effet d’un mamelon.

Avantages de la reconstruction reportée
  • Vous avez plus de temps de réflexion sur le choix de la technique de reconstruction ;
  • Vous pouvez éventuellement mieux accepter les faiblesses éventuelles de la reconstruction parce que vous avez pu vous voir après l’amputation ;
  • Pour la patiente qui doit subir une chimiothérapie : une moindre chance d’infection du sein reconstruit. C’est particulièrement valable pour les reconstructions avec prothèse ;
  • Si vous avez besoin de radiothérapie, le risque d’ef fets secondaires sur la peau et les cicatrices tardives est moins élevé.
Avantages de la reconstructions immédiate
  • Vous n’êtes pas confrontée à l ’absence d’un sein ;
  • Une intervention chirurgicale au lieu de deux représente moins de frais médicaux, moins de complications postopératoires et d’anesthésie et une seule durée de convalescence.
Que se passe-t-il après la chirurgie mammaire conservatrice?

La plus forte prise de conscience du public à l’égard du cancer du sein et l’amélioration du dépistage permettent de diagnostiquer la maladie de plus en plus tôt. La tumeur est alors relativement petite et l’on peut appliquer de plus en plus la chirurgie mammaire conservatrice. Chez environ deux tiers des femmes atteintes d’un cancer du sein, il n’est pas nécessaire d’amputer intégralement le sein. On parle alors d’opération conservatrice, ou tumorectomie. Le chirurgien pratique une incision dans la peau par laquelle il ne retire que la tumeur et une zone de sécurité de tissus sains. Le reste du sein est préservé, mais peut changer de forme. Pour éviter toute distorsion de votre poitrine, le chirurgien utilise des techniques oncoplastiques. Il veille à ce que la cicatrice soit masquée, par exemple le long du mamelon, et à ce que la cavité tumorale soit comblée en remodelant le tissu.

Fable

Il y a des femmes qui préfèrent se faire entièrement amputer le sein, alors que la chirurgie conservatrice est possible. Elles pensent que c’est plus sûr et que l’amputation leur offre de meilleures chances de survie, ce n’est pas le cas. Une opération conservatrice bien faite offre autant de chances de survie qu’une amputation du sein.

Pour votre silhouette, une opération conservatrice a naturellement moins d’impact que l’amputation. Il est pourtant possible que le résultat final soit moins beau, en raison des irradiations par exemple ou parce que le chirurgien a dû enlever une partie importante du sein. La forme du sein après une intervention conservatrice dépend de sa taille, du volume de la tumeur et de sa place dans le sein. Le résultat cosmétique ne peut en tout cas être évalué qu’après la radiothérapie.

Il y a très peu de chances que la tumeur locale revienne dix ans après une opération mammaire conservatrice. Mais comme il est toujours possible qu’il y ait encore des cellules cancéreuses dans le reste du sein, l’opération est systématiquement suivie de différentes séances de radiothérapie, avec actuellement entre 15 et 33 radiations.

Certaines victorieuses se demandent si l’amputation d’un sein n’est pas meilleure qu’une opération de préservation du sein, suivie d’une radiothérapie. Cette peur est sans fondement. Des études sérieuses montrent que les deux traitements sont équivalents. Il y a même des personnes qui apportent un éclairage différent sur la chirurgie et  la radiothérapie par rapport à l’amputation d’un sein.  Ils suggèrent que les amputés du sein ont moins de chances de survie à long terme que ceux ayant subi une chirurgie mammaire conservatrice et de la radiothérapie. Nous n’avons pas encore de bonne explication à cela. Étant donné que ces études sont petites et rétrospectives, nous n’en tirons pas de conclusions définitives.

Professeurr Liv Veldeman, radiothérapeute à l’UZ Gent
Implantation ou vos propres tissus?

L'IMPLANT

L’implant est placé sous la peau ou le muscle pectoral pour imiter la forme naturelle du sein. La couche extérieure est généralement du silicone, tandis que le rembourrage est constitué de gel de silicone ou de sérum physiologique.

Après l’amputation, un nouveau sein est formé par implantation d’une prothèse. Cette prothèse est placée sous la peau de la poitrine via la cicatrice ou l’incision de l’amputation mammaire. Elle ne produit donc pas de nouvelle cicatrice. Pour imiter la forme naturelle du sein, une partie de la prothèse est placée derrière le muscle pectoral et on utilise des prothèses de gel en forme de gouttes.

Les tout derniers implants sur le marché sont relativement naturels au toucher. Ils glissent moins après l’opération et sont en forme de poire ou de goutte pour imiter au mieux un sein naturel. Ils sont également plus sûrs : si la prothèse se déchire, le gel ne se répandra plus dans le corps. Avec le gel cohésif, le silicone se comporte davantage comme un solide mou qu’un liquide et ne se répand donc pas dans votre corps.

Si vous optez pour une reconstruction à une date ultérieure, l’intervention devra se faire en deux phases. Lors de la première phase, un expanseur tissulaire sera placé de manière à étirer la peau et le muscle, et faire place à la prothèse définitive. Deux semaines après l’intervention commencera le remplissage de la « poche » de l’expanseur qui étire encore la peau. Lorsque suffisamment de peau a été formée, l’expanseur est remplacé par la prothèse définitive.

Je voulais encore de belles photos de mes seins et avec de la belle lingerie avant l’opération. Une manière de leur dire adieu.
 
 

Ann, 42

UTILISATION DE VOS PROPRES TISSUS

Cette méthode est aujourd’hui considérée comme la référence absolue. La reconstruction mammaire avec tissus propres s’effectue avec de la peau et de la graisse d’autres parties du corps. Les patientes avec suffisamment de tissus au niveau du ventre, des fesses ou des cuisses présentent le profil idéal pour cette méthode. La plupart des Occidentales ont d’ailleurs suffisamment de tissus, ce qui permet de procéder à la reconstruction de seins volumineux et à refermer le ventre sans trop de tension.

Généralement, on prélève un bout de peau et une couche de graisse avec des vaisseaux sanguins au niveau du bas-ventre. Ces tissus sont ensuite transplantés à l’endroit du nouveau sein. Les vaisseaux sanguins sont rebranchés aux vaisseaux sanguins de l’aisselle ou derrière le sternum. L’intervention laisse une cicatrice sur toute la largeur du bas-ventre mais elle peut être bien dissimulée par des sous-vêtements ou des maillots de bain.

C’est une opération assez délicate qui peut créer des douleurs au niveau du ventre. Il faut compter deux à trois mois de convalescence. On transplante parfois aussi du muscle abdominal, mais c’est au détriment de la fermeté du ventre. Lorsqu’il n’y a pas assez de graisse abdominale chez le patient, on peut retirer les tissus nécessaires des fesses, du dos ou éventuellement d’autres parties du corps (comme les cuisses).

Le sein reconstruit prend sa forme définitive après trois à six mois. Vient alors la reconstruction du mamelon et le tatouage de l’aréole. On peut éventuellement procéder à des corrections, parfois aussi sur le sein non atteint, de manière à obtenir un résultat aussi symétrique que possible.

Le risque de complications est plus élevé lors des reconstructions mammaires avec vos propres tissus, 40 % des patientes y sont confrontés. Attention, vous ne pouvez absolument pas fumer après une reconstruction mammaire faite avec vos propres tissus. Le nouveau sein est très fragile après l’opération et se détériorerait si vous continuez à fumer. Adressez-vous un tabacologue si vous désirez arrêter de fumer définitivement. Plus d’informations sur tabacstop.be.

J’ai pleuré presque constamment pendant les neuf jours entre l’annonce de la nécessité de m’amputer le sein et l’opération. Je voulais une reconstruction immédiate, je pensais que ce serait plus facile pour moi. Mais ce n’était pas possible, parce que je devais encore subir une radiothérapie. Après cela, il s’est passé neuf mois avant que j’ose inspecter mon sein gauche.

Alice, 38

En matière de reconstruction mammaire, il n’y a pas un seul scénario qui convient à toutes les femmes. Il existe une vaste gamme d’options et le choix est très personnel. Parlez-en avec votre médecin avant l’opération.

Avantages et inconvénients

Les implantes

-

  • Peuvent présenter des fuites ou s’abîmer ;
  • Présentent un risque de contracture capsulaire : le tissu de la cicatrice autour de la prothèse se contracte,
    pouvant à terme déformer le sein ;
  • Peuvent s’infecter ou percer la peau (la radiothérapie avant ou après la pose peut en particulier causer ce type
    de complication) ;
  • Présentent un risque de complications à tout moment après l’intervention ;
  • Devront sans doute être remplacés un jour.

+

  • L’opération et l’anesthésie sont de courte durée ;
  • L’intervention est simple : la période de convalescence est brève et la douleur post-opératoire moins intense ;
  • Garantit un résultat et l’absence de nouvelles cicatrices.

 

Les propres tissus corporels

-

  • Une opération longue et complexe, avec une longue convalescence ;
  • Vous pouvez avoir mal à votre nouveau sein et à l’endroit où les tissus ont été prélevés ;
  • Vous avez aussi des cicatrices sur d’autres parties du corps.

+

  • Le nouveau sein est mou et paraît plus naturel ;
  • Le sein est souple et chaud au toucher ;
  • Il n’y a pas d’éléments étrangers à votre corps ;
  • Le sein reconstruit ‘grandit’, vieillit, grossit ou maigrit avec vous ;
  • Les complications se manifestent presque uniquement pendant votre hospitalisation.
Combien ça coûte?

Une reconstruction est entièrement remboursée, à condition de ne pas prendre une chambre individuelle à l’hôpital. Vous ne payez que votre part personnelle, à savoir les frais et suppléments éventuels. Pour les reconstructions prothétiques, demandez à votre chirurgien le type de prothèse qu’il utilise, puis informez votre médecin, votre hôpital ou votre caisse d’assurance-maladie, pour voir si un remboursement existe.

Pour des techniques plus spécifiques, telles que le lambeau DIEP pour la reconstruction de tissus propres, il existe un accord avec l’INAMI. Assurez-vous de vérifier que l’hôpital où vous êtes suivie a adhéré à la convention. N’ayez pas peur de poser toutes vos questions, car la réponse peut souvent avoir des conséquences financières. Vous devez demander l’approbation préalable du remboursement de la reconstruction auprès de votre caisse d’assurance-maladie, surtout s’il s’agit d’une reconstruction après une amputation préventive.

En Belgique, environ trois mille reconstructions mammaires sont pratiquées chaque année, dont un millier avec les propres tissus de la patiente. Une telle reconstruction mammaire présente beaucoup d’avantages : elle donne un plus beau résultat, est plus naturelle au toucher et cause moins de complications ultérieures. Mais il s’agit d’une intervention délicate qui prend plus de six heures et qui est pratiquée par deux équipes de chirurgiens esthétiques.

Selon les chirurgiens plasticiens, la rémunération de 2008 de la sécurité sociale (INAMI) ne suffit pas. C’est pourquoi ils chargent un supplément additionnel aux suppléments honoraires classiques, appelé « honoraire ou supplément esthétique, » ce qui n’est pas remboursé par la sécurité sociale, rendant une reconstruction à propres tissus très coûteuse. Cependant, depuis 2018, le remboursement des reconstructions mammaires a été revu à la hausse et les suppléments d’honoraires sont, en principe, interdits.

Depuis 2016, il existe un nouveau régime pour les reconstructions mammaires avec tissus propres pour les chambres doubles. Les suppléments additionnels sont interdits jusqu’à trois opérations incluses, ce qui n’est pas valable dans une chambre individuelle. Si vous avez besoin d’opérations additionnelles, ce régime n’est plus valable. Une assurance hospitalisation supplémentaire peut rembourser les frais supplémentaires, renseignez-vous de manière approfondie, car ce n’est souvent pas le cas. Attention : les techniques plus modernes ne sont pas encore remboursées.

Même si vous avez une assurance hospitalisation, renseignez- vous bien sur ce que couvre exactement votre assurance. Vous éviterez ainsi les mauvaises surprises. Le tiers payant ne vous est parfois remboursé que si vous prenez une chambre double.

Si vous optez pour une reconstruction, le prix est un élément important à prendre en considération, mais il ne devrait pas être un facteur décisif, vu qu’il s’agit d’une décision d’une haute importance. Le succès de l’opération dépend d’un tas de choses, comme l’expérience et la qualité du chirurgien, mais il est tout aussi important de se sentir comprise et d’être sur la même longueur d’onde. L’option la moins chère n’est pas toujours la bonne. Si vous avez des difficultés financières, vous pouvez toujours vous adresser aux services sociaux de l’hôpital et de votre mutualité. Dans certains cas vous avez droit à des allocations supplémentaires. Vous pouvez aussi parler d’un plan de remboursement pour répartir les coûts. Renseignez-vous aussi auprès de votre assurance.

Après l'opération

Après une opération du cancer du sein, il est important que vous preniez particulièrement soin de vous. La plupart des gens peuvent se sentir bien : la maladie leur semble assez loin. Il ne faut toutefois pas sous- estimer le risque d’infections. Prévenez votre médecin dès que vous avez une poussée de fièvre ou si la plaie est rouge, enflée ou plus douloureuse, ne pensez pas que c’est dans l’ordre des choses.

Vous pourrez souvent quitter l’hôpital dès le lendemain de l’opération mammaire conservatrice. Une amputation totale exige un séjour un peu plus long. Après l’opération, on vous mettra un bandage ou une compresse autour du sein. En cas d’un curage de l’aisselle et d’une amputation du sein, quelques drains seront posés dans et autour de la plaie, pour éliminer le pus, le sang et l’excédent de liquide lymphatique de la plaie. Les drains seront retirés lorsque la quantité de liquide sera normale, cette décision revient à votre médecin.

Il est normal que vous ayez beaucoup de questions à ce stade. Sur votre opération, votre traitement, mais aussi pour la suite. Votre médecin et le personnel infirmier spécialiste du sein vous rendront visite après votre opération pour vous donner toutes les explications nécessaires. Il est peut-être utile de noter préalablement vos questions de manière à ne rien oublier.

Les Cliniques du Sein belges sont obligées d’engager au moins un psychologue à mi-temps pour recevoir les patientes pendant et après leur traitement. Il est donc possible que le psychologue passe vous voir pour faire connaissance et vous donner le soutien nécessaire au cas où vous en auriez besoin. Vous pouvez naturellement prendre vous-même rendez-vous.

Il est recommandé d’examiner votre cicatrice pendant votre hospitalisation – avant la reconstruction du sein – en présence d’une infirmière. De ce fait, en cas de difficulté, vous aurez tout de suite quelqu’un d’habitué à qui parler. Si vous préférez le faire tranquillement chez vous, c’est naturellement aussi possible. Essayez de ne pas trop éviter la vue de votre corps modifié, aussi pénible que soit la confrontation. Plus vous attendez, plus vous aurez du mal à vous habituer à votre nouveau corps.

Regardez la cicatrice d’abord avec un petit miroir. Ensuite, vous pouvez vous asseoir et regarder de nouveau. La dernière étape est de regarder votre sein dans le miroir de la salle de bains. Si vous avez déjà perdu vos cheveux à cause de la chimiothérapie, mettez d’abord votre perruque ou une écharpe avant de regarder votre cicatrice.